Unité mixte de recherche 7235

Analyse économique et droit pénal : contributions, débats, limites

Eric Langlais

L’article passe en revue les objections opposées à la théorie économique du crime inspirée par l’article fondateur de Becker (JPE, 1968), en distinguant celles qui relèvent d’une critique méthodologique radicale – externe – de celles – internes – qui interrogent plutôt la robustesse de ses conclusions en adoptant la même méthodologie. Les critiques externes résultent essentiellement de la lecture faite par les juristes des travaux de Becker. Elles visent la classification implicite entre comportement criminel et actes légaux qui est supportée par l’analyse économique du crime, ou la représentation stylisée et par trop simplificatrice du droit pénal qui en découle, qui oublierait les fonctions principales du droit pénal (sanction/réhabilitation) pour ne se focaliser que sur la dissuasion. Les juristes les plus avertis des principes méthodologiques fondant plus généralement l’analyse économique, ont aussi chercher à montrer les incohérences internes de la théorie économique du crime, qui postule l’existence d’une valeur sociale pour le crime. Les critiques internes se sont, elles, concentrées sur le résultat central de Becker : l’efficacité des sanctions monétaires élevées (maximales) pour la dissuasion des comportements criminels et en contrepartie, l’optimalité d’une fréquence de contrôles et de d’application de ces sanctions aussi faible que possible. La littérature a justifié que ce mix n’est socialement optimal que dans la mesure où l’utilisation des sanctions monétaires se fait à un coût marginal nul soit pour les autorités publiques, soit pour les criminels. Mais dans de nombreuses circonstances, les sanctions monétaires ont un coût marginal social (positif), qu’il soit public ou privé. L’article conclut sur quelques enseignements fournis par les tests empiriques de la théorie du crime. Si ceux-ci mettent clairement en évidence que l’effet de dissuasion résulte principalement (de la fréquence) du contrôle des activités illicites, de façon plus générale, ils corroborent les principales prédictions de la théorie économique du crime.

AGENDA

jeudi 20 janvier 2022

Doctorants

Mathilde Aubouin

Déterminants des inégalités numériques chez les ménages français

lundi 24 janvier 2022

Law, Institutions and Economics in Nanterre (LIEN)

Tommaso Giommoni (ETH Zurich)

En visio

A Machine Learning Approach to Analyze and Support Anti-Corruption Policy

mardi 25 janvier 2022

Recherche et Economie et Socioéconomie Politique, des Institutions et des Régulations (RESPIR)

Alexandre Chirat

Aux origines des théories managériales de l’entreprise : la correspondance Baumol-Galbraith (1958-1959)

jeudi 27 janvier 2022

Lunch

Emmanuelle Faure, Olivier Kayser, Jocelyne Zoumenou

Nouveaux doctorants

jeudi 27 janvier 2022

Groupe de travail Economie Comportementale

Fabio Galeotti

11h-12h

Information Acquisition and Social Norm Information

mardi 1 février 2022

Recherche et Economie et Socioéconomie Politique, des Institutions et des Régulations (RESPIR)

Nicolas LAURENCE (Université Lyon 2 & TRIANGLE)

Le déploiement des cryptomonnaies et des monnaies locales dans le cadre de la crise de légitimité de l’Euro

lundi 7 février 2022

Law, Institutions and Economics in Nanterre (LIEN)

Samuel Ferey (BETA)

Paradoxes de vote et décision des juges constitutionnels : une approche empirique sur le cas français

mardi 8 février 2022

Développement Durable Environnement et Energie (DDEE)

Emmanuelle Taugourdeau (CREST)

16h-17h, salle G614B

Do international climate agreements affect tax and environmental competition among asymmetric countries ?

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