Unité mixte de recherche 7235

Rueff, Allais, et le chômage d’équilibre

Georges Prat

Le concept de chômage « permanent » proposé par Rueff (1925, 1931) représente une forme classique de chômage attribuable à des rigidités salariales conduisant à un excès des salaires réels par rapport à leur valeur théorique correspondant à un équilibre concurrentiel. Par rapport à cet aspect connu des travaux de l’auteur sur le sujet, cet article montre que Rueff considérait aussi la possibilité d’un chômage « temporaire » dû à un niveau insuffisant de l’activité économique et d’un chômage «minimal» de type frictionnel prévalant dans le fonctionnement normal de toute économie. Sur la base d’une étude empirique, l’auteur soutenait que le chômage « permanent » constituait la cause majeure du chômage dans l’Angleterre des années 1920 (« loi de Rueff »). Nous présentons des tests économétriques simples sur les données utilisées par Rueff confirmant cette conclusion, tout en montrant que le relâchement de l’hypothèse d’une productivité du travail constante (admise par Rueff) permet une amélioration de la « loi de Rueff ». Dans le droit fil de ces résultats, nous montrons que l’analyse théorique d’Allais (1943) repose sur les trois types de chômage évoqués par Rueff, qualifiés désormais de « chronique », « conjoncturel » et « technologique ». Bien plus tard, Allais (1980) a proposé une équation économétrique méconnue intégrant ces trois composantes du chômage en montrant que cette dernière décrit l’évolution du chômage français au cours des années 1952-78. Nous montons que cette équation peut aussi représenter les grands traits des évolutions du chômage anglais des années 1920 et du chômage français des années 1970-2008, mais aussi qu’elle présente un défaut de spécification. Enfin, sous certaines conditions restrictives, nous suggérons que les trois types de chômage distingués par Rueff et Allais peuvent être vus sous le prisme du taux de chômage d’équilibre déduit d’une version simple du modèle de concurrence imparfaite WS-PS (Layard-Nickel-Jackman (1991)), cet exercice indiquant des raisons plausibles au défaut de spécification constatés sur l’équation simple d’Allais, mettant ainsi en évidence les importants progrès scientifiques accomplis depuis.

AGENDA

lundi 5 décembre 2022

Law, Institutions and Economics in Nanterre (LIEN)

Vincent Lefrère (Institut Mines Telecom)

En salle 614 et en distanciel

Privacy, Data and Competition: The Case of Apps For Young Children

mardi 6 décembre 2022

Recherche et Economie et Socioéconomie Politique, des Institutions et des Régulations (RESPIR)

Eric Monnet (EHESS et PSE)

Le rôle d’amortisseur des banques centrales – une perspective historique

jeudi 8 décembre 2022

Lunch

Georges Prat

12h - 13h, salle 110

Modeling ex-ante risk premiums in the oil market

lundi 12 décembre 2022

Law, Institutions and Economics in Nanterre (LIEN)

Clément Brébion (Copenhagen BS)

En salle 614 et en distanciel

Unemployment Insurance Eligibility and Employment Duration

mardi 13 décembre 2022

Développement Durable Environnement et Energie (DDEE)

Nicolas Astier (Paris School of Economics)

16h-17h

Riding together: eliciting travelers’ preferences for long-distance carpooling

mercredi 14 décembre 2022

Économies du monde musulman

Mohamed Touati Tliba (École Supérieure de Commerce, Alger)

The scientific wealth of nations with special reference to MENA region: a cross-country productivity analysis of academic research

jeudi 15 décembre 2022

Doctorants

Pablo Aguilar Perez

TBA

jeudi 15 décembre 2022

Groupe de travail « Intelligence artificielle »

Matthieu Lapaty (UPMC)

TBA

Inscription aux Newsletters