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Les lettres d'EconomiX


  •   Lettre d'EconomiX nº12
    avril-juillet 2017

    L'avenir (incertain) de l'indépendance des banques centrales

         La récente crise financière globale a remis en cause un principe fondamental du fonctionnement des banques centrales dans les pays développés : leur indépendance. Aux Etats-Unis, le congrès américain a rejeté au terme d'un vote très serré la proposition du sénateur Rand Paul de contrôler plus étroitement la Réserve Fédérale américaine. En Grande-Bretagne, le parti d'opposition travailliste a proposé une révision du mode de fonctionnement de la Banque d'Angleterre et son leader, Jeremy Corbyn, a appelé à un « Quantitative Easing du peuple » pour forcer la banque centrale à financer des projets publics. En Suisse, le mouvement « Sauvons l'or de la Suisse » a enclenché un référendum (perdu) avec l'aide de trois partis politiques pour obliger la Banque Nationale Suisse à détenir au moins 20% de ses réserves en or. De récents événements survenus au Brésil et en Inde démontrent également que les gouvernements de ces pays cherchent à affaiblir l'indépendance de leur banque centrale... [En savoir plus]


  •   Lettre d'EconomiX nº11
    janvier-mars 2017

    Les juges peuvent-ils influencer la croissance économique ?

         Dès l'origine de la pensée économique, l'application des contrats et la certitude des droits de propriété ont été conçus comme des éléments essentiels pour favoriser les investissements, le commerce et la croissance. Dans son livre fondateur, Adam Smith (1776, 1804, éd., p.330) a souligné que « le commerce et les manufactures peuvent rarement s'épanouir dans n'importe quel état qui ne jouit pas d'une administration régulière de la justice »... [En savoir plus]


  •   Lettre d'EconomiX nº10
    septembre-décembre 2016

    La responsabilité sociale et environnementale des entreprises et la transition énergétique

         Les pouvoirs publics ont-ils la capacité d'engager, seuls, la transition énergétique ? On entend souvent que les marges budgétaires sont inexistantes, et force est de constater que l'acceptation sociétale des nouvelles contraintes environnementales n'est pas acquise, comme l'illustrent par exemple les mouvements de contestation en France autour de la mise en place d'une « écotaxe poids-lourds » à l'automne 2013. Plus fondamentalement, comme le souligne l'Agence internationale de l'énergie dans ses perspectives énergétiques mondiales à l'horizon 2035, « les politiques publiques actuelles et les signaux de marché ne permettent pas d'assurer la transition des investissements vers les sources sobres en carbone et l'efficacité énergétique à la vitesse et à l'échelle requise, c'est-à-dire pour limiter le réchauffement climatique à 2 degrés » (1). Dans ce contexte, sur quels autres leviers les pouvoirs publics peuvent-ils s'appuyer ? Le secteur privé, et les entreprises en particulier, ont-ils un rôle à jouer et avec quelles nouvelles responsabilités ?

    La responsabilité sociale et environnementale des entreprises ou RSE s'est imposée depuis quelques années comme un sujet majeur, inclus explicitement dans l'agenda 2020 de la Commission européenne. Elle se définit comme la manière dont les entreprises intègrent, sur une base volontaire, des préoccupations sociales, environnementales et éthiques dans leurs activités économiques comme dans leurs interactions avec toutes les parties prenantes... [En savoir plus]


  •   Lettre d'EconomiX nº9
    avril-juillet 2016

    Le risque des mesures de risque systémique

         La crise mondiale qui s'est ouverte en 2007 a montré la nécessité de renouveler le cadre, alors essentiellement microprudentiel, de la régulation en lui ajoutant une dimension macroprudentielle. L'objectif est de corriger plusieurs défaillances de marché qui font que le risque du système financier n'est pas seulement l'agrégation des risques individuels de ses institutions. Le risque qui pèse sur le système financier est aussi systémique au sens où il dépend également des interdépendances et interactions complexes qui unissent ses composantes.

    L'intérêt porté à la politique macroprudentielle s'explique par la reconnaissance que la régulation microprudentielle (telle que Bâle 1 et 2) est nécessaire mais pas suffisante pour garantir la stabilité d'ensemble du système financier. D'abord, certains aspects de la régulation microprudentielle, qui cherchent à protéger les institutions individuelles, peuvent paradoxalement déstabiliser le système financier dans sa totalité (Hanson et al., 2011). Par exemple, les ratios de fonds propres fixés indépendamment du déroulement du cycle d'activité peuvent être une source de risque systémique. Ces ratios sont susceptibles de pousser les institutions à se désendetter et à vendre des actifs risqués dans les mauvais états de la nature, aggravant la crise, plutôt qu'à augmenter leurs fonds propres pour satisfaire aux ratios prudentiels... [En savoir plus]


  •   Lettre d'EconomiX nº8
    janvier-mars 2016

    Interactions stratégiques et non-coopération sur les marchés interdépendants

        Les économies de marché sont composées de nombreux acteurs privés ou publics (consommateurs, entreprises, institutions publiques, ...) dont le pouvoir de décision n'est pas identique ; certains acteurs exercent un pouvoir de marché en se comportant stratégiquement et d'autres subissent, de par leur comportement concurrentiel, l'action des premiers. A ce titre, les interactions sociales sur les marchés reflètent davantage des situations de conflit que de coopération, où prévalent des comportements rationnels stratégiques d'agents ou groupes d'agents qui cherchent à manipuler les grandeurs marchandes à leur plus grand avantage. D'un point de vue empirique, la crise actuelle - et certaines crises passées - peuvent aussi être analysées comme la conséquence de l'action d'agents de grande taille dont les comportements imparfaitement concurrentiels conduisent à des distorsions dans l'affectation des ressources rares.

    Ce constat pose un certain nombre de questions qui relèvent tant de l'analyse positive que de l'analyse normative. Ainsi, comment se manifestent les interactions stratégiques dans un univers où les marchés sont interconnectés ? Peut-on, dans ce contexte, trouver des fondements aux comportements stratégiques et concurrentiels ? Quelles sont les conséquences de telles interactions stratégiques sur l'activité économique ? Quelles seraient les politiques publiques susceptibles de remédier aux inefficacités engendrées par les comportements non coopératifs sur les marchés ? ... [En savoir plus]


  •   Lettre d'EconomiX nº7
    septembre-décembre 2015

    Les stratégies de lutte contre le réchauffement climatique s'affinent : vers un nouveau cap après la COP21 ?

        Pendant la première quinzaine du mois de décembre 2015, près de 200 chefs d'Etat et de gouvernement se sont réunis pour la 21e conférence de l'Organisation des Nations Unies sur le changement climatique (COP21). En une quinzaine de jours, ils doivent ainsi sauver la planète...

    Plus de 23 ans se sont écoulés depuis le Sommet de la terre à Rio de Janeiro. Lors de ce sommet, une convention a été ratifiée par 50 Etats avec l'objectif de stabiliser la concentration atmosphérique des émissions de gaz à effet de serre. Cette convention intitulée « Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques » a donné lieu à des conférences successives des Parties à la Convention sur le climat, dont la première (COP1) s'est tenue en avril 1995 à Berlin. Parmi ces conférences, celles de Kyoto en décembre 1997 et de Copenhague en décembre 2009 revêtent une importance particulière dans la mesure où elles ont conduit à des feuilles de route stratégiques pour lutter contre le réchauffement climatique. Dans le cadre du Protocole de Kyoto, les pays industrialisés se sont engagés à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 5,2 % en moyenne jusqu'en 2012 par rapport au niveau de 1990. En outre, l'accord de Copenhague ne comporte aucun engagement de réduction des émissions, mais souligne la nécessité de limiter le réchauffement climatique à 2 degrés Celsius par rapport à l'ère pré-industrielle. .... [En savoir plus]


  •   Lettre d'EconomiX nº6
    avril-juillet 2015

    Pourquoi les individus se regroupent-ils et comment se forment les territoires ?

        Il est bien connu que se rassembler pour produire un bien ne souffrant pas de congestion permet de gagner en efficacité, notamment parce que le coût est partagé entre plusieurs agents. Toutefois, la formation d'un groupe humain soulève plusieurs questions. Qu'est-ce qui conduit les individus ou les ménages à se joindre à un groupe plutôt qu'à un autre ? Les agents qui appartiennent à un même groupe se ressemblent-ils en termes de richesse ? Ont-ils des préférences similaires ? Plus globalement, quelles sont les implications en termes de politique publique de la formation de groupes ? Le recours à la notion de juridiction et l'étude de sa formation et de ses propriétés ségrégatives permettent de fournir des éléments de réponse à ces interrogations. Une juridiction est une entité publique délimitée par des frontières géographiques, dont l'objectif est de fournir des services publics locaux.... [En savoir plus]


  •   Lettre d'EconomiX nº5
    janvier-mars 2015

    Quand l'emploi informel devient la norme

        L'OCDE estime à 1,8 milliards le nombre de travailleurs informels dans le monde, soit 60% de l'ensemble des travailleurs. Bien qu'il occupe une place de plus en plus importante dans les économies développées, le secteur informel se manifeste essentiellement dans les pays en développement. Selon les données de la Banque Mondiale de 2009, le secteur informel emploie entre 20% et 80% de la population active non-agricole des pays en développement et contribue significativement au PIB avec une part qui varie entre 25% et 40%. Le secteur informel comprend l'ensemble des activités économiques qui ne s'inscrivent pas dans le cadre officiel, économique et social, et qui échappent au contrôle de l'Etat et à la comptabilité nationale...... [En savoir plus]


  •   Lettre d'EconomiX nº4
    septembre-décembre 2014

    Contagion et crise européenne souveraine et bancaire

        Alors même que les anticipations d'inflation ont chuté en zone euro, les craintes d'un scénario à la japonaise se précisent. L'Europe est-elle condamnée à une décennie perdue ? S'il est encore un peu tôt pour l'affirmer, nous disposons maintenant d'un recul suffisant pour commencer à analyser avec précision les mécanismes qui ont conduit à l'éclatement d'une grave crise de la zone euro en 2010-2011, dont nous peinons encore aujourd'hui à sortir.
    L'une des caractéristiques principales de cette crise est sa double dimension, impliquant à la fois les dettes souveraines et le système bancaire européen. Or, il apparaît (BRI, 2004) que les crises qui ont une dimension bancaire s'accompagnent souvent de récessions plus graves et prolongées. Il semble que la zone euro n'échappe malheureusement pas à ce phénomène, si l'on en juge par la faiblesse durable de la croissance et la difficulté des pays les plus touchés à récupérer leurs niveaux d'activité d'avant crise, et ce, dans un contexte où les banques jouent un rôle particulièrement déterminant dans le financement de l'économie européenne..... [En savoir plus]


  •   Lettre d'EconomiX nº3
    avril-juillet 2014

    Les théories du genre en économie : il y a des applications pour ça

        Les inégalités de genre sur le marché du travail donnent lieu à une surabondante littérature, tant théorique qu'empirique, et forment aujourd'hui un corpus impressionnant de réflexions dans le champ de l'économie du travail. On relève ainsi sur google scholar près de 80 000 références sur la période 2010/2014 avec les deux mots clés « labor market and gender ». Cet intérêt tient à deux grands phénomènes : le premier est la place croissante donnée par les politiques économiques aux questions d'inégalités, de pauvreté et de discrimination à l'encontre des femmes, et leur encouragement aux études dans ce domaine... [En savoir plus]


  •   Lettre d'EconomiX nº2
    janvier-mars 2014

    Les étudiants étrangers : quels enjeux économiques ?

    Les pays développés se lancent depuis peu dans une compétition pour attirer les étudiants étrangers. Quels sont les enjeux économiques autour de ces flux migratoires spécifiques ?

        La globalisation affecte aussi l’enseignement supérieur. Elle se concrétise par l’ouverture de campus à l’étranger, mais surtout par un nombre de plus en plus important d’étudiants qui décident de faire une partie, ou l’intégralité, de leurs études dans un pays dont ils ne sont pas résidents. En 2006, on comptait plus d’une centaine de campus à l’étranger, essentiellement en Asie et au Moyen-Orient. Les deux pays les plus actifs dans ce domaine sont le Royaume-Uni et l’Australie... [En savoir plus]


  •   Lettre d'EconomiX nº1
    octobre-décembre 2013

    Frénésie réformatrice : cinq ans après la faillite de Lehman Brothers - Mirage ou réalité ?

        La faillite de Lehman Brothers a mis le système bancaire et financier international au bord du gouffre et a conduit les ministres des finances et banquiers centraux à engager un processus de réformes financières « tous azimuts ». Sous l’impulsion du G20, les réformes de la finance sont devenues dès 2008 l’axe prioritaire de l’agenda politique international. L’intention est ambitieuse : rien moins que remettre la finance sous contrôle ! De fait, cette re-réglementation de la finance marque clairement une rupture après des décennies de libéralisation financière. Le processus est protéiforme et touche différents segments : marchés de capitaux, produits financiers et intermédiaires financiers... [En savoir plus]