Unité mixte de recherche 7235

Désintermédiation financière ou diversification internationale ? Le cas des pays développés

24èmes journées internationales d’économie monétaire et bancaire

14 et 15 juin

2007

Michel Boutillier, Jean-Charles Bricongne

La mesure d’un taux d’intermédiation est un bon moyen de caractériser de manière synthétique l’importance du rôle du secteur financier dans l’économie et son positionnement face à l’essor de la finance de marché. Ce travail a pour objet d’en présenter et d’en discuter les résultats pour la France, en les replaçant dans une perspective chronologique et en y ajoutant des éléments de comparaison internationale, autorisant notamment une appréciation de la convergence des systèmes financiers en Europe et dans le monde. Ces résultats témoignent d’un recul assez sensible du taux d’intermédiation financière en France sur cette période marquée par un fort développement des marchés de capitaux et un recours croissant des agents non financiers résidents aux financements désintermédiés. Pour significative qu’elle puisse paraitre, cette évolution mérite néanmoins d’être relativisée pour plusieurs séries de raisons. D’abord, parce qu’elle découle en fait largement du mouvement d’internationalisation des opérations de financement et de placement des institutions financières résidentes comme des financements de marché reçus par les agents non financiers. Ainsi, une part de plus en plus élevée de l’actif des institutions financières résidentes est détenue sur des non-résidents et une part croissante des financements reçus par les résidents provient du « Reste du monde », et notamment des institutions financières non résidentes. Ensuite, parce que l’analyse de la formation des revenus des intermédiaires financiers tend à confirmer une transformation de leurs modes de tarification et un redéploiement de leur activité, deux évolutions structurelles contribuant à maintenir le rôle de ces acteurs dans l’économie nationale. Enfin, parce que le choix qui se présente aux agents non financiers ne se résume pas en une simple alternative entre crédits ou placements intermédiés et instruments de marché, si l’on en juge notamment par le rôle clé que les institutions financières continuent de remplir dans la mise en place des opérations d’émission de titres de leur clientèle d’entreprises sur les marchés de capitaux. Le présent article s’attachera, dans un premier temps, à analyser l’évolution du taux d’intermédiation financière en France, dans ses montants, globalement et par type de bénéficiaires, et effectuera des comparaisons internationales, susceptibles de donner des indications sur le caractère potentiellement durable des évolutions observées ces dernières années. Une analyse sur longue période du taux d’intermédiation financière au sens strict et large montre, à travers la succession de différentes phases, le rôle croissant du Reste du monde, avec comme contrepartie la baisse de la part des financements apportés par les IF résidents à l’économie, qui s’est accompagnée de flux opposés vers le Reste du monde, témoignant d’une recherche de diversification. Une analyse complémentaire en termes de revenus d’intermédiation permet de mesurer les évolutions ayant affecté les rémunérations perçues par les intermédiaires financiers résidents dans le temps, afin de déterminer dans quelle mesure les IF résidentes se sont adaptées pour maintenir leurs revenus, et offre des axes de comparaison avec ce que perçoit le Reste du monde, afin d’évaluer dans quelle mesure les exigences des apporteurs de capitaux non-résidents vis-à-vis des agents non financiers résidents se distinguent de celles des IF résidentes. L’article conclut enfin sur la nécessité de dépasser le constat premier pour relativiser la désintermédiation observée, et envisager d’élargir le concept d’intermédiation.

AGENDA

lundi 5 décembre 2022

Law, Institutions and Economics in Nanterre (LIEN)

Vincent Lefrère (Institut Mines Telecom)

En salle 614 et en distanciel

Privacy, Data and Competition: The Case of Apps For Young Children

mardi 6 décembre 2022

Recherche et Economie et Socioéconomie Politique, des Institutions et des Régulations (RESPIR)

Eric Monnet (EHESS et PSE)

Le rôle d’amortisseur des banques centrales – une perspective historique

jeudi 8 décembre 2022

Lunch

Georges Prat

12h - 13h, salle 110

Modeling ex-ante risk premiums in the oil market

lundi 12 décembre 2022

Law, Institutions and Economics in Nanterre (LIEN)

Clément Brébion (Copenhagen BS)

En salle 614 et en distanciel

Unemployment Insurance Eligibility and Employment Duration

mardi 13 décembre 2022

Développement Durable Environnement et Energie (DDEE)

Nicolas Astier (Paris School of Economics)

16h-17h

Riding together: eliciting travelers’ preferences for long-distance carpooling

mercredi 14 décembre 2022

Économies du monde musulman

Mohamed Touati Tliba (École Supérieure de Commerce, Alger)

The scientific wealth of nations with special reference to MENA region: a cross-country productivity analysis of academic research

jeudi 15 décembre 2022

Doctorants

Pablo Aguilar Perez

TBA

jeudi 15 décembre 2022

Groupe de travail « Intelligence artificielle »

Matthieu Lapaty (UPMC)

TBA

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