Coronavirus : “En contrepartie du chômage partiel, les entreprises qui en sortiront ne devraient pas pouvoir licencier”

Rebondir, 25/05/2020 - Auteure: Nadine Levratto

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Pendant le confinement, de nombreuses entreprises ont été contraintes de recourir au chômage partiel. Ce dispositif est-il efficace face à la crise actuelle, qui devrait continuer malgré le déconfinement ? Empêchera-t-il vraiment les licenciements ? Que deviendra ce système après juin ? L’analyse de Nadine Levratto, économiste et directrice de recherche au CNRS.

Pourquoi n’a-t-on guère utilisé le chômage partiel en France avant le coronavirus ?

L’activité partielle a été mise en place pour répondre à des situations de crise un peu exceptionnelles, qui peuvent apparaître au niveau d’entreprises qui connaissent soit un choc sectoriel, soit une période difficile. Elle a donc vocation à servir d’amortisseur à un niveau très micro-local, de manière ponctuelle.

Le chômage partiel a été utilisé dans des proportions plus importantes lors de la crise financière de 2008-2009, avec des différences par pays, notamment entre l’Allemagne et la France. Avec d’un côté l’Allemagne qui a eu un recours très important à ce système, notamment pour sauver ou maintenir les emplois ou dans l’industrie, et la France qui en a fait un usage très parcimonieux.

Malgré les avantages du dispositif, les entreprises françaises l’ont peu utilisé lors de la crise de 2008, car elles n’ont pas fait le choix de l’investissement humain. Faute d’incitations suffisantes de la part du gouvernement, mais aussi parce que c’était l’occasion pour certaines de mener des réorganisations de leurs périmètres, les entreprises ont préféré dégraisser massivement.

Outre-Rhin, les organisations allemandes ont fait un tout autre choix. Elles ont utilisé ce dispositif, préservé l’emploi, et ont profité de la crise pour former leurs salariés, tout particulièrement dans l’industrie, en attendant des jours meilleurs. Un pari gagnant car lors du redémarrage de l’économie, l’Allemagne a gagné des parts de marché.

En France, les organisations patronales ont finalement compris que les dégraissages massifs ont débouché à moyen terme sur une perte de savoir-faire qui a pénalisé la reprise. Les entreprises ont également pris conscience de l’intérêt de maintenir les compétences dans l’entreprise, même en période de crise. Ce qui explique la généralisation du chômage partiel en mars dernier, dans le cadre d’un choc majeur...

 

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