L’annulation de la dette publique détenue par la BCE libérerait les acteurs économiques de la crainte d’une future augmentation d’impôts

Le Monde, 26/05/2020 - Auteurs: Laurence Scialom et Baptiste Bridonneau

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La dépression économique dans laquelle les économies de la zone euro sont en train de sombrer promet d’être au moins aussi grave que celle des années 1930. La nécessité de recourir aux dépenses publiques pour y parer ne fait pas débat. Et c’est tant mieux. En revanche, les moyens d’éviter le « mur de la dette » ravivent les passions. Faut-il annuler une partie des dettes ? La Banque centrale européenne (BCE) pourrait-elle faire grâce aux Etats de leur remboursement ? Nous sommes de ceux qui ont porté, dans le débat public, des propositions en ce sens (« Annulation de dette publique : possible juridiquement, nécessaire économiquement », par Nicolas Dufrêne et Alain Grandjean, Alternatives économiques, mai 2020 ; « Des annulations de dettes publiques par la BCE : lançons le débat », par Laurence Scialom et Baptiste Bridonneau, Terra Nova, 17 avril 2020 ; et « La “monnaie hélicoptère” contre la dépression dans le sillage de la crise sanitaire », par Jézabel Couppey-Soubeyran, Veblen, 17 avril 2020).


« Magie monétaire »


Les réactions que celles-ci suscitent sont révélatrices du trouble que produisent la dette (la faute, Schuld en Allemand) et son rachat (littéralement la « rédemption ») dans la psyché humaine, sur lequel ironisait déjà [l’économiste et sociologue] Max Weber (1864-1920). Révélatrices aussi, plus prosaïquement, du poids de l’inertie. Si faute il y a, elle tient dans le refus d’appliquer des solutions réalistes à la souffrance sociale et à la casse économique en cours. Et ces solutions, contenues dans nos propositions, renvoient à la réalité des mécanismes monétaires et comptables, n’en déplaise à nos pourfendeurs...

 

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