En réponse à l'augmentation de la pollution de l'air en milieu urbain, les villes européennes ont adopté des Zones à Faibles Émissions (ZFE), restreignant la circulation des véhicules les plus polluants. Bien qu'efficaces pour améliorer la qualité de l'air, ces politiques restent controversées en raison de préoccupations liées à l'équité et à l'acceptabilité. Cet article examine l'impact des extensions de l’Ultra Zone à Faibles Émissions (UZFE) de Londres en 2021 et 2023 sur le bien-être subjectif. En utilisant des données de panel issues de la UK Household Longitudinal Study et une méthode de doubles différences échelonnées avec effets fixes individuels et temporels, nous comparons l'évolution de la satisfaction de vie des résidents situés à l'intérieur et à l'extérieur des zones concernées.
Nous constatons que l'extension de 2021 a entraîné une baisse de la satisfaction de vie d'environ 0,4 point. Nous explorons les mécanismes à l'origine de ce déclin et montrons que la perte de bien-être est médiée par la dépendance à la voiture et la disponibilité des modes de transport. Bien que cette politique ait accru le recours aux transports en commun, nous démontrons qu'une meilleure accessibilité à ces derniers atténue la baisse de la satisfaction de vie des résidents londoniens. De plus, nous montrons que les coûts de cette politique en termes de bien-être sont régressifs, affectant de manière disproportionnée les ménages à faibles revenus. Ces résultats suggèrent que les LEZ peuvent générer des coûts inégaux de bien-être à court terme, en dépit de changements de comportement modestes, soulignant ainsi la nécessité de mesures complémentaires pour renforcer l'acceptabilité sociale.
Mot(s) clé(s)
Zone à Faibles Émissions (ZFE), Pollution de l’air, Politiques environnementales, Bien-être subjectif, Satisfaction dans la vie, Différences-en-différences échelonnés, Acceptabilité sociale