Cette étude examine si le fait d’effectuer des transferts financiers influence les symptômes dépressifs chez les adultes âgés en Europe, et si des chocs de revenu ou de patrimoine modèrent cette relation. À partir de données longitudinales issues de l’enquête Survey of Health, Aging and Retirement in Europe (SHARE) et d’une stratégie économétrique de type staggered dynamic Difference-in-Differences, l’analyse évalue les conséquences psychologiques du don monétaire dans des contextes socioéconomiques variés. Les résultats indiquent que le transfert financier s’accompagne, dans un premier temps, d’une détérioration des symptômes dépressifs, mais que cet effet s’atténue avec le temps, ce qui suggère un processus d’ajustement plutôt qu’une détresse durable. L’impact négatif est le plus marqué chez les femmes et chez les personnes encore en emploi, tandis qu’il est plus faible chez les retraités. Contrairement aux attentes, les chocs négatifs de revenu et de patrimoine n’amplifient pas significativement les symptômes dépressifs, ce qui laisse entendre que la contrainte financière, à elle seule, n’explique pas le lien entre transfert et santé mentale. La pratique du don financier semble plutôt s’inscrire dans des engagements sociaux de long terme, des obligations morales et des normes intériorisées, davantage que dans des considérations économiques de court terme. Ces résultats demeurent robustes lorsque l’estimation est combinée à un appariement par score de propension (propensity score matching).
Mot(s) clé(s)
Transferts intergénérationnels, Dons financiers, Santé mentale, Chocs de revenu, Chocs de patrimoine