Cet article évalue les effets à court et moyen termes des températures extrêmes sur la productivité agricole dans l’ensemble des départements français sur la période 1980-2023. À partir de données de température ERA5-Land à haute résolution et de la base CORINE Land Cover, nous construisons un indice sectoriel de degrés-jours extrêmes (Extreme Degree Days, EDD), pondéré par les parts de terres arables et de pâturages afin de capter le stress thermique spécifique au secteur. Nous estimons, au niveau départemental, des réponses impulsionnelles au moyen de projections locales et mettons en évidence des pertes de productivité significatives et persistantes à la suite de chocs de chaleur au-delà de 29 °C, dont les effets s’intensifient sur un horizon de quatre ans et ne s’atténuent ensuite que de manière modérée. Un test de Wald confirme une hétérogénéité régionale marquée dans la sensibilité aux températures extrêmes. Les impacts négatifs sont particulièrement prononcés dans les départements à faible productivité, orientés vers l’élevage, concentrés entre 44,5° et 46° de latitude nord. Ces résultats soulignent la portée macroéconomique d’une mesure spatialement désagrégée de l’exposition aux températures extrêmes et mettent en évidence l’urgence de stratégies d’adaptation différenciées selon les régions à mesure que s’intensifient ces épisodes.