Atteindre la neutralité carbone mondiale d’ici 2050 nécessite un déploiement rapide de l’hydrogène bas-carbone, mais celui-ci est freiné par l’incertitude des marchés, des coûts d’investissement élevés et une faible coordination entre l’offre et la demande. Cet article examine dans quelle mesure la libéralisation du commerce international de l’hydrogène et de l’ammoniac peut accélérer ce déploiement, et comment de telles politiques interagissent avec l’innovation technologique. Nous développons un cadre hybride combinant un modèle énergétique mondial de type TIMES (KiNESYS-IFPEN) avec un modèle stochastique de diffusion logistique, calibré sur la croissance historique des énergies renouvelables dans un contexte d’anticipations imparfaites. Nous montrons que la libéralisation des échanges seule a un impact global limité et conduit principalement à une réallocation géographique de la production : le Moyen-Orient, l’Amérique du Nord, l’Amérique latine et la Chine se développent comme régions exportatrices, tandis que l’Asie-Pacifique, l’Europe et l’Afrique deviennent des importateurs structurels. Les réductions de coûts des électrolyseurs induites par l’innovation augmentent significativement la probabilité de succès du déploiement mondial, en réorientant la production vers l’électrolyse. Lorsque les politiques sont combinées, l’innovation joue un rôle dominant, tandis que l’ouverture commerciale renforce la spécialisation régionale. Ces résultats soulignent le rôle central du progrès technologique, de la crédibilité des anticipations et de l’arbitrage entre spécialisation efficiente par les coûts et sécurité de l’approvisionnement en hydrogène.
Mot(s) clé(s)
Hydrogène, Politiques de commerce international, Diffusion de technologie, Modèle TIMES-Markal